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Quand les chiens ne sont pas des cadeaux !

Il est évident pour tout le monde que le chien comme le chat ou autres animaux est une compagnie précieuse pour les personnes âgées vivants seules. Les confinements récents n’ont fait qu’accentuer certaines solitudes et lorsqu’on travaille, que l’on est pris dans nos vies actives, il est normal de vouloir redonner le sourire à nos aînés avec une boule de poils.

C’est une situation que je rencontre régulièrement lors de mes rendez-vous, des personnes âgées à qui les enfants ont offert un chiot souvent à la suite du décès d’un chien âgé mais quelquefois aussi comme 1er chien !! Évidemment tout le monde n’a pas les mêmes facultés physiques au même âge mais je perle là de personnes de 80, 85 voire même 90 ans.

Le cadeau empoisonné

Pourtant certains de ces petits chiens se transforment très vite en cadeaux empoisonnés pour ces pauvres papys ou mamies dépassés par l’énergie d’un chiot ou d’un ado-chien même s’il ne fait que 3 kg tout mouillé.

Quand vous achetez un chiot pour une personne âgée, il faut penser malpropreté : un chiot n’est pas propre avant 4, 5, 6 mois et pour cela il doit être sorti par tous les temps environ toutes les 2h (soit 7 à 8 fois fois par jour minimum).
Il faut également penser mordillements (sur des peaux plus fragiles et des vêtements qui pendent souvent très rigolo à mordiller!)

Souvent les chiens offerts sont des petits chiens pour plus de praticité mais on oublie souvent leur vivacité, leurs besoins de se dépenser. Évidemment, cela poussera Papy/Mamie à sortir et se promener et faire des rencontres mais les 1ères balades peuvent être folkloriques avec un chiot qui court partout, qui entoure les jambes avec la laisse ou qui refuse d’avancer en se couchant au milieu du passage clouté. Cela vous paraît facile à gérer lorsque vous êtes dans la force de l’âge mais pour des personnes fragilisées mentalement ou physiquement l’impact est énorme.

Les nouveaux « maîtres malgré eux » se retrouvent dans des situations difficiles, qui poussent à se remettre en question, dans lesquelles ils peuvent se sentir dépassés par une petite bête, une situation qu’ils n’ont pas toujours choisie et qui en plus est un cadeau de leurs enfants qu’ils sont un peu obligés d’apprécier.
Avec l’âge, le manque de patience peut les pousser à des sur réactions : menaces avec journal, canne, cris, prises forcées dans les bras, traction sur la laisse pour accélérer les balades, ou pour forcer un contact avec un congénère. Et on se retrouve avec des petits chiens qui craignent leurs propres maîtres, qui se cachent sous les meubles pour éviter la mise du harnais, qui courent partout dans l’habitation pour éviter le brossage ou le bain… Ou pire, le chien se rebiffe et finit par mordre son/sa propre maître/maîtresse sans qu’il /elle n’ose vous le dire.
Bien sûr il y a aussi ceux qui râlent mais qui en fait sont très satisfaits de leur nouvelle compagnie. Ce n’est pas forcément évident en étant un proche de savoir exactement la situation.

Alors comment éviter que le rêve ne devienne un cauchemar ?

  • Quelquefois les relations parents-enfants ne sont pas simples, n’hésitez pas à demander à des voisins /infirmières ou personne côtoyant votre aîné sans le biais affectif s’il/elle parle de ses envies en termes d’animaux.
  • Impliquez la personne à qui est destiné le chien dans son choix. L’adoption est un processus long et il est bien que la personne se prépare au changement de routine et soit d’accord avec ça. Je tombe quelques fois sur des personnes aimant les chats et à qui on offre un chien ?!?!
  • Analysez le mode de vie, les activités qui seront offertes au chien et si besoin demandez conseil à une professionnelle ; si la personne ne peut pas du tout sortir, et n’a pas de jardin inutile de penser qu’un chien puisse être heureux comme ça. Il faudra des fois des arguments solides pour réorienter la personne âgée sur une solution plus adaptée à sa vie.
  • Normalement c’est logique mais il faut penser aux éventuels problèmes de santé qui peuvent survenir et savoir ce que va devenir le chien en cas hospitalisation de quelques mois voire malheureusement en cas de décès.
  • Pour éviter les désagréments liés aux chiots, une des solutions est de prendre un animal adulte (4-5 ans ou plus). Il y a souvent des réticences mais elles peuvent être levées à condition de prendre le temps de choisir un chien adapté et de ne pas prendre le 1er rencontré.
  • On pense souvent aux chiens de refuges, ils ont un passif mais pas forcément négatif, certains justement se retrouvent en refuge suite au décès de leur maître. L’idéal est de vérifier l’histoire du chien, prendre le temps de le rencontrer pour voir si des affinités se créent.
    • Il existe aussi des associations qui récupèrent des chiens mais qui n’ont pas de refuges, les chiens sont donc en familles d’accueil ce qui peut être plus rassurant sur les capacités du chien à vivre en famille et des précisions sur son caractère.
    • Une autre solution à laquelle on ne pense pas souvent, ce sont les chiens retraités d’élevage. En général, une chienne arrête de reproduire en élevage vers 6 ans, et tous les éleveurs ne gardent pas leurs retraités. Il se peut aussi qu’une femelle ne se révèle pas une très bonne mère et soit reformée pour cette raison. Par contre, attention au choix de l’élevage ! Dans certains élevages, les chiens passent leur temps en box voire même en petites cages et n’ont donc aucune éducation sur la vie en famille (malpropreté, problème de solitude, phobies de l’extérieur ou du contact humain, etc.).
      Comme un chien d’association ou de refuge, ou même de particulier, il faut donc prendre le temps de rencontrer le chien et savoir dire non si vous voyez vraiment qu’il va y avoir des grosses difficultés. (à part si la personne à qui est destiné le chien est prête à prendre le temps d’adapter le chien)
  • Si vous habitez loin, il peut être tentant de rechercher un chien sur des sites de petites annonces connus. Attention les chiens que l’on trouve sur ce(s) sites, qu’ils viennent d’éleveurs ou de particuliers ne correspondent pas souvent à la description de l’annonce. Il faut être honnête, la plupart des éleveurs passant par ce(s) site sont ceux qui ont du mal à vendre leur chien et ne sont donc pas les plus reconnus. Quant aux particuliers, sur ce site, ce sont en général des replacements rapides à tout prix sans se soucier si la nouvelle vie va correspondre aux besoins du chien. Il y a des annonces pro ou particuliers honnêtes mais pour les trouver il faut vraiment savoir lire entre les lignes de l’annonce, poser les bonnes questions au téléphone et lors de la rencontre.

Les bonnes questions à poser :

  • Est que le chien vivait à l’intérieur ? Demandez à voir son lieu de vie.
  • Est qu’il est habitué à être seul ?
  • Est-ce qu’il est suivi par un vétérinaire  ? Demandez à voir le carnet de santé.
  • Est qu’il est habitué à sortir ? Faites une petite balade avec le chien pour l’observer en balade.
  • Est-ce que le chien est à l’aide avec vous ? Il n’est pas obligé qu’il vous fasse une grosse fête et qu’il vous monte sur les genoux mais si vous restez un moment, il ne devrait pas non plus vous fuir et éviter tout contact
  • Pour les races qui se toilettent, est-il suivi par un toiletteur, est-ce qu’il se laisse faire lors du brossage, ou pour l’essuyer s’il est mouillé ?
  • Qu’est-ce qu’il mange ?
  • Est-ce que le chien connaît les personnes âgées et les enfants (si présence d’enfants dans votre famille)

Et si vous voyez que l’adoption d’un chien n’est pas possible ?

Certaines associations proposent l’option d’être famille d’accueil en vue d’adoption, c’est une sorte de période d’essai mais pour une personne âgée, l’attachement peut se faire rapidement et la séparation peut être difficile même si tout le monde voit que c’est mieux. 

Peut-être pouvez-vous laisser un chien de la famille en garde quelques jours de temps en temps pour égayer le quotidien mais attention quelquefois une fois le chien parti, la solitude n’en sera que plus difficile.

De plus en plus d’associations proposent des séances de zoothérapies ou de médiation animale, essayer de vous renseigner dans le secteur si des associations accueillent ce genre d’intervenant.

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